Le Velolaser, radar laser miniaturisé déployé en Espagne depuis 2018, mesure votre vitesse à plus d'un kilomètre de distance. À Pâques, la Direction générale de la circulation espagnole (DGT) en multiplie les déploiements sur les axes les plus fréquentés et les applications collaboratives sont largement dépassées.

Vous faites peut-être partie des millions de conducteurs français qui prennent la route vers l'Espagne chaque week-end de Pâques, souvent avec Waze en fond d'écran et la conviction de maîtriser les risques. Or le vrai piège n'est pas dans la circulation ni dans les bouchons habituels au péage du Perthus. La DGT a silencieusement transformé son arsenal depuis plusieurs années, en substituant aux grosses cabines grises bien visibles un dispositif que vous ne verrez tout simplement jamais au bord de la route.
Velolaser, un boîtier très très discret de quelques kilos qui flashe à 1,5 km
Apparu sur les routes espagnoles début 2018, le Velolaser ne ressemble en rien aux dispositifs qu'on a l'habitude de voir fleurir sur nos routes hexagonales. Moins de 50 cm de haut, moins de 3 kg selon les données techniques du fabricant, prêt à l'emploi en moins d'une minute, il tient dans un sac à dos.
Les agents de la Guardia Civil le glissent derrière une glissière de sécurité, le vissent au dos d'un panneau, le posent sur un trépied dans les herbes hautes ou le fixent à la portière d'un véhicule banalisé garé sur le bas-côté. À 130 km/h, il est absolument invisible à l'œil nu.
Mais sa force, c'est sa portée. Le Velolaser fonctionne avec une technologie laser qui lui permet d'opérer jusqu'à 1 500 mètres de distance. Concrètement, quand vous commencez à distinguer la zone où il est posté, votre plaque est déjà capturée en haute définition depuis longtemps, plusieurs centaines de mètres en amont. Il peut enregistrer jusqu'à trois infractions par seconde, sur trois voies en parallèle.
En plus, le temps d'utilisation moyen par emplacement est de 70 minutes selon les données collectées par l'application SocialDrive, avant que les agents ne le déplacent ailleurs. Ce rythme de rotation rapide neutralise Waze et toutes les applications collaboratives du même type. Comme elles fonctionnent sur la base du signalement entre conducteurs, le temps que l'un d'entre eux repère le boîtier, l'encode dans l'application et que l'alerte parvienne aux véhicules suivants, l'installation a déjà changé plusieurs fois d'emplacement.
Ce que les associations espagnoles ont tenté de conteste
Faisons un petit tour derrière les Pyrénées, là où des associations espagnoles de défense des automobilistes et des motards dénoncent des utilisations qu'elles jugent illégales, au motif que les radars fixes doivent obligatoirement être signalés aux conducteurs via une signalétique visible.
En théorie, la même obligation existe autant en Espagne qu'en France pour les dispositifs fixes. Ce qui permet aux Velolaser d'échapper à cette règle, c'est qu'ils sont très régulièrement déplacés et ne peuvent donc pas être considérés comme des radars fixes. Plusieurs associations appellent les conducteurs verbalisés à contester leur amende si le radar n'était pas sur trépied et clairement signalé. Mais pour engager cette procédure, encore faut-il avoir vu l'appareil « travailler », ce qui est pratiquement impossible dans les conditions réelles.
Par ailleurs, l'application espagnole SocialDrive a développé une carte interactive qui recense les emplacements habituels des Velolaser. À force de signalements collectifs, elle a permis d'identifier une large part des points de déploiement récurrents, car si le boîtier est mobile, les agents ont tendance à revenir aux mêmes endroits stratégiques.
Waze intègre lui aussi ces signalements, mais avec un délai et une précision inférieurs à ceux de SocialDrive, conçu spécifiquement pour ce type de contrôle.
Du côté des amendes, les barèmes espagnols plutôt dissuasifs : jusqu'à 100 euros pour moins de 20 km/h de dépassement, 300 euros entre 21 et 30 km/h, et jusqu'à 600 euros au-delà de 51 km/h, avec une réduction de moitié en cas de règlement sous 20 jours. La coopération européenne entre l'Espagne et la France permet l'envoi d'une contravention directement à l'adresse du propriétaire du véhicule au-dessus d'un certain seuil. L'ère de l'amende perdue à l'étranger est bel et bien révolue.
Ce week-end de Pâques, la DGT déploie ces dispositifs en nombre maximal sur les axes à forte fréquentation touristique. Les longues lignes droites d'autoroute, là où le pied s'alourdit naturellement, sont leurs emplacements de prédilection. Waze affichera peut-être une alerte radar en chemin, mais selon toute probabilité, ce sera pour un boîtier qui aura déjà bougé.
Source : HighMotor
